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"Note de la traductrice"

Vingt ans après sa mort, l’opportunité d’une rencontre inédite avec Raymond Carver nous est offerte. Ces entretiens, réalisés entre 1982 et 1988 et rassemblés par les Presses Universitaires du Mississipi en 1990, ont été resserrés autour de la parole de Carver. Ils n’apportent pas seulement un témoignage littéraire précieux, ils révèlent le parcours d'un homme.

Iowa City, Syracuse, Port Angeles… Nous embarquons avec Ray pour sa « deuxième vie ». Des embarras des premiers entretiens aux déclarations lumineuses qui précèdent sa mort, nous voyons grandir et s’affermir un homme et une œuvre.

Quand Raymond Carver accepte sa première interview officielle, il sort tout juste de dix ans d’alcoolisme sévère. Il a publié trois recueils de poèmes (Near Klamath en 1968, Winter insomnia en 1970, At night the salmon moves en 1976) et un recueil de nouvelles (Tais-toi, je t’en prie, 1976). Il est encore hanté par l’enfer qu’il vient de traverser : galères financières, enfants à élever, déménagements répétés et boulots minables, disparition prématurée de son père, mariage à la dérive, frustrations en tous genres dont la première est l’impossibilité d’écrire autant qu’il le souhaite. C’est un homme « détruit par la trentaine », comme il le confiera plus tard. Il lui faudra du temps avant de pouvoir évoquer ces années noires, terreau des textes à venir.

Témoins privilégiés, nous regardons Carver honorer son appétit de vivre et d’écrire. Nous assistons à des événements décisifs, comme l’obtention de la bourse Mildred and Harold Strauss en 1983 qui lui permet de devenir écrivain à plein-temps, ou l’écriture des Vitamines du bonheur qui libère une assurance nouvelle et marque un tournant dans son œuvre. Nous l’écoutons redire sa jubilation à écrire les poèmes de Là où les eaux se mêlent, son plaisir à voir ses nouvelles devenir « plus amples et plus optimistes ». Quand survient le cancer, Raymond Carver proclame sa confiance en l’avenir et sa joie d’avoir d’autres livres à écrire.

Ces entretiens permettent de saisir le caractère d’un homme au-delà des mots. Ray surgit d’une chambre d’hôtel, timide et maladroit, s’écroule dans son canapé après cinq heures de travail ou cite Nietzsche en regardant les eaux bleues du détroit de Juan de Fuca. Il fume, il mange, il se penche vers son interlocuteur pour lui parler à voix basse, s’assurant d’avoir bien saisi chaque question. Humble et bienveillant, il fait souvent preuve d’humour et ne manque pas une occasion de rendre hommage à ceux qui l’ont influencé. Reconnaissant envers la vie de lui avoir accordé une « seconde chance », il ne cesse de travailler et témoigne de sa « foi envers les choses de ce monde ».
Raymond Carver souhaitait que ses lecteurs vivent un peu de la vie contenue dans ses livres. Fidèles à ce qu’il fut, ces entretiens dispensent un enseignement dont on pressent, comme il le disait de celui de John Gardner, qu’il nous accompagnera longtemps. Sa perception subtile des choses, son ton singulier et la dimension autobiographique de son travail donnent envie de redécouvrir son œuvre.

Devenu Carver, Ray affirmait que tout restait à faire. Il aimait comparer sa vie à un champ à labourer qu’il contemplait avant de mourir en déclarant : « Je crois aux miracles et à la renaissance. »

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Fanny Wallendorf

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"Une manière différente de parler de la Shoah"

Langage contemporain, situations d’actualités, sensibilité du XXIème siècle permettent une distanciation qui ne porte pas atteinte à l’émotion.
Une manière différente de parler de la Shoah.

Louise Albert

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"Très beau roman"

Très beau roman.
Tout y est juste : les relations affectives sur fond de guerres non oubliées, la hiérarchie sociale d’un monde agricole encore un peu féodal, l’origine du sentiment anti-français dans ce pays. Le style est très séduisant, ce mélange de langues tout à fait réussi aide à l’empathie.
J’aime l’Espagne, beaucoup… J’aime la langue, la culture. Peut-être est-ce la raison de mon plaisir de lecture.
L’anecdote, la recherche d’identité sont distillées avec un grand art. Si bien que la fin, très inattendue, m’a surprise… Mais sans effacer toutes mes autres impressions !

Louise Albert

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